Agence pour l'Etude et la Promotion de l'Isère

L'Y grenoblois

Les vallées de la Gresse et du Drac au sud, celle du Grésivaudan au Nord-est, et la cluse de Grenoble-Voreppe au nord-ouest, forment les trois branches de l'Y grenoblois. Ce confluent de vallées est encadré par les massifs préalpins de la Chartreuse et du Vercors au nord et à l'ouest, et par la chaîne de Belledonne à l'est. Le centre ancien de la ville se répartit au bord de l'Isère, là où la rivière contourne la partie la plus méridionale de la Chartreuse. Au confluent du Drac et de l'Isère s'étend le polygone scientifique, reconnaissable à l'anneau du synchrotron. De l'autre côté, à l'est, le domaine universitaire occupe une boucle de l'Isère.

        

Des activités variées pour le plaisir

La ville de Grenoble et ses environs comporte 25 musées et sites touristiques remarquables dont le téléphérique de la Bastille parmi les sites les plus fréquentés de l'Isère ; deux golf 18 trous ; 1 via-ferrata au cœur de la ville, ... Pour accueillir les congressistes, deux centres de congrès, Alpexpo-Alpes Congrès et Europole-Centre de Congrès, accueillant plus de 3 410 manifestations professionnelles pour 128 000 congressistes en 2005.

Musée de Grenoble

Le musée de peinture de Grenoble a eu deux cents ans en 1998. Fondé en 1798 par Louis Joseph Jay, le musée a d'emblée pratiqué une politique d'acquisition volontariste. Les collections ont été constituées grâce aux saisies révolutionnaires, aux achats, aux dépôts et à des dons prestigieux, dont celui de Léonce Mesnard en 1890, qui permit la création d'un cabinet de dessin, celui du général de Beylié en 1904, qui fit entrer Zurbaran dans les collections, ou celui en 1923 du couple Agutte-Sembat, collectionneur d'art moderne, qui enrichit le fonds d'oeuvres de Signac, Matisse, Van Dongen, Rouault.

Il a bénéficié dans les premières décennies du XXè siècle de l'intense activité déployée par un conservateur ouvert à la création contemporaine que fut Andry-Farcy, lui-même affichiste de talent. Dès 1919, l'institution devint le premier musée d'art moderne de province, et à la fin du XXè siècle, elle fait partie des plus importants musées d'Europe. Ainsi s'explique que les oeuvres les plus novatrices entrent alors dans les collections grenobloises, et que le musée peut se prévaloir aujourd'hui d'une collection d'art moderne exceptionnelle, où figurent Matisse, Picasso, Léger, Soutine, Vlaminck, Derain, Marquet et tant d'autres.

La collection du musée a ainsi connu une orientation décisive en faveur de l'art moderne qui ne sera pas remise en question. Sa présentation dans le nouveau bâtiment, inauguré en 1994 permet aujourd'hui de la mettre en valeur et de la faire admirer.

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Une tradition littéraire et artistique

Champollion (1790-1832)

Né à Figeac en 1790, Jean-François Champollion est un élève particulièrement doué pour les langues orientales. Cet érudit étudie le latin, le grec, l’hébreu mais aussi l’arabe, le syriaque et l’araméen. Lors de son premier séjour à Grenoble (1801-1806), il développe son goût pour l'égyptologie au contact du grand mathématicien Joseph Fourier ayant participé à l'expédition d'Egypte. Sur les conseils d'un moine syrien, il s'attaque à l'éthiopien, mais surtout au copte dont il pressentit l'intérêt pour réussir à déchiffrer les hiéroglyphes. En 1807, Champollion alors âgé de 16 ans, présente un mémoire à l’Académie de Grenoble, dans laquelle il défend la thèse que la langue copte n'est autre d'une forme tardive de l'ancien égyptien.

Après un court séjour à Paris, il retourne à Grenoble en 1809, où il vient d’être nommé professeur d’histoire ancienne à la toute nouvelle Faculté des lettres. C'est le début de ses travaux qui le conduiront à déchiffrer, le premier, les hiéroglyphes égyptiens (1824, publication du Précis du système hiéroglyphique). Il comprit que les signes de l'écriture égyptienne représentaient "tantôt des idées, tantôt les sons d'une langue".

Stendhal (Henri Beyle, 1783-1842)

Né à Grenoble le 23 janvier 1783, au coeur de la vieille ville, Stendhal a surtout gradé un agréable souvenir de la belle maison de son grand-père maternel, le docteur Henri Gagnon, dont la façade donnait sur la place Grenette, tandis que la terrasse était tournée vers le jardin de ville. C'est là qu'il s'est formé intellectuellement et sentimentalement. Henri Beyle prend le pseudonyme de Stendhal pour publier ses romans. Ce nom lui a été inspiré par la ville allemande de Stendal, située à l'ouest de Berlin et proche de Brunswick, où le romancier occupa un poste important dans l'administration napoléonienne d'occupation.

Officier de dragons puis intendant militaire pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, il découvre l'Italie qui marque profondément sa sensibilité. Stendhal a signé de grands romans tels que Le rouge et le noir (1830), La chartreuse de Parme (1839), ou encore une oeuvre posthume, la Vie de Henry Brulard (1890), récit autobiographique qui l'a consacré.
Photo : Stendhal à Rome en 1840 par Södermark. Musée de Versailles.

Berlioz (1803 - 1869)

Né à la Côte Saint André en Isère, Hector Berlioz est un compositeur remarqué par la puissance du sentiment dramatique de ses oeuvres et la somptuosité de l'écriture orchestrale. Hector Berlioz occupe une place exceptionnelle dans l’histoire de la musique. Très en avance sur son temps, il fut l’un des plus originaux parmi les grands compositeurs, mais en même temps un innovateur dans l’exécution musicale, et un écrivain et critique dont l’oeuvre littéraire ne le cède aucunement en importance à son oeuvre musicale. Peu de musiciens ont su briller à la fois dans autant de domaines différents.
La Symphonie fantastique (1830), Roméo et Juliette (1839), la Damnation de Faust (1846),...
Photo : Photographié par Karl Reutlinger.

Au XXè siècle

Grenoble, au XXè siècle, manifeste son ouverture d'esprit et sa vitalité avec le musicien Oliver Messiaen, le philosophe Emmanuel Mounier, l'éditeur Benjamin Arthaud, les poètes Jean Pellerin, René Fernandat ou Suzanne Renaud ou le sculpteur Gilioli qui séjourna à Grenoble entre 1939 et 1945. Cette activité intense et un certain éclectisme se perpétuent dans une création contemporaine où figurent de nombreux talents : Gilles Lipovetsky, philosophe, Pierre Sansot, sociologue, Jean-Pierre Chambon, poète, Laurent Pelly, metteur en scène de théâtre, les romanciers de science-fiction : Jean-Pierre Andrevon, Maurice Dantec, Jacques Glénat, éditeur, Jean-Claude Gallotta, chorégaphe, Arcabas et Jean-Noël Zanetti, plasticiens, Kateb Yacine, romancier,... Grenoble continue à être une pépinière de créateurs.

 

Un peu d'histoire

C'est avec l'arrivée des Celtes, vers le Vè siècle av. J.-C. que naquit, probablement à l'emplacement de Grenoble, une bien modeste bourgade : Cularo. La bourgade devient romaine vers -121 suite à une défaite subie par les Allobroges et les Avernes devant les légions de Quintus Fabius Maximus.

Au IIIème siècle, la ville fût appelée Gratianopolis, en hommage à l'empereur romain Gratien. Pendant un millénaire, la ville ne déborda guère de l'enceinte romaine. Grenoble, pourtant capitale du Dauphiné, comptait moins de 2000 habitants quand le dauphin Humbert II transfère son royaume au roi de France en 1349. Le rattachement du Dauphiné à la France fit de Grenoble une ville frontière à proximité de la Savoie et de l'Italie. Elle en garda longtemps une fonction militaire dont divers vestiges subsistent encore.

Le 7 juin 1788, une émeute souleva toute la ville : la Journée des Tuiles, où la population arrosa les troupes royales de pierres et de tuiles. Pour sortir de cette situation, le 14 juin 1788, une réunion politique rassembla à l'hôtel de ville (l'ancien palais delphinal) des représentants de l'ensemble de la société de l'époque, privilégiés et non privilégiés. Ces députés demandèrent que la Nation puisse prendre en main son avenir politique. Là s'amorce un processus de contestation officielle conduisant au 21 juillet, date à laquelle des notables de la région de Grenoble (bourgeois et notamment juristes) organisent l'Assemblée de Vizille réunissant 50 prêtres, 165 nobles et 276 représentants du Tiers Etat. L'assemblée réclame la réunion des Etats Généraux et leur vote par tête (et non par ordre). Ce processus qui d'assemblée en assemblée, de l'officieux à l'officiel, de Grenoble à Vizille et de la province au royaume, va aboutir aux Etats Généraux de 1789, c'est à dire à la révolution française. La contestation de l'absolutisme monarchique devenait ouverte, la Révolution française de 1789 était en marche.

La révolution industrielle touche Grenoble dans les années 1840. Les premières activités industrielles à se développer furent :

  • la ganterie. A son apogée, la ganterie grenobloise employait jusqu'à 32 000 personnes, travaillant pour la plupart à domicile, avec une production d'un million de douzaine de paires de gants, principalement vendus à l'exportation. Grenoble est déjà tourné vers l'international !
  • la papeterie. L'utilisation de la force hydraulique favorisa le développement d'un grand nombre de village-usine sur la rive gauche du Grésivaudan, au pied de la chaîne de Belledonne.
  • et la cimenterie. L'exploitation des bancs marno-calcaire, présents dans les flancs du Vercors et de la Chartreuse, permit à Louis Vicat de développer le procédé de production du ciment qu'il commença à mettre au point en 1842. Fait significatif, il se fit assister par le minéralogiste grenoblois Emile Gueymard. La tradition grenobloise de liaison université-recherche-industrie trouve là son tout premier antécédent.

De la houille blanche aux technologies de l'information et de la communication

Aristide Bergès, la houille blanche

A la fin du XIXème siècle, l'industrie grenobloise prend son essor avec l'avènement de la houille blanche, à laquelle Aristide Bergès a attaché son nom. L'utilisation de la force motrice des hautes chutes d'eau oblige à des prouesses techniques par le développement de matériaux adaptés. Conduites forcées, vannes, turbines, c'est tout une industrie nouvelle de l'hydromécanique qui s'implante à Grenoble. Après l'hydromécanique se développa très vite l'hydro-électricité. De grandes industries se développent : Neyrpic, fabricant de turbines (devenu Alstom), Merlin Gerin, constructeur d'appareillages électriques (devenu Schneider Electric), le service municipal de l'Eclairage et de la distribution d'Energie Gaz et Electricité (devenu Gaz Electricité de Grenoble), producteur, fournisseur et distributeur d'énergie, ... La technicité élevée des productions liées à l'hydro-électricité a justifié l'établissement de liaisons entre l'industrie et la science, tant pour la formation des cadres techniques que pour la recherche. C'est le germe des développements nouveaux que Grenoble connaîtra à partir des années 1950. En parallèle, d'autres industries se développent dans les secteurs de l'agroalimentaire, du bâtiment et de la confection.

Louis Néel

La deuxième guerre mondiale transforme le visage de Grenoble et de son industrie. Le développement des activités de la ville se tournent résolument vers les sciences grâce à l'impulsion visionnaire de Louis Néel, arrivé à Grenoble en 1940. Louis Néel dynamise et oriente les activités vers les sciences appliquées. L'événement qui l'illustre le mieux est l'implantation du Centre d'études nucléaires de Grenoble, décidée par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) en 1955, en réponse aux sollicitations de ce grand homme. Son engagement a aussi été déterminant à l'implantation de l'Institut Laue Langevin (ILL) et plus récemment de l'ESRF (synchrotron). Son œuvre scientifique dans le domaine du magnétisme a été couronnée par l’attribution du Prix Nobel de Physique en 1970.

Ainsi, grâce à l'action de Louis Néel, un pôle scientifique de renommée internationale se développe. Nulle part ailleurs, on ne trouve cette conjonction d'une très grande source de neutrons (l'ILL) et d'un synchrotron (l'ESRF) aussi performant. Plus de 8000 scientifiques de monde entier viennent chaque année utiliser ces équipements : la science ne connaît pas de frontières. Plusieurs découvertes scientifiques ont eu lieu à Grenoble. Pour ne citer que quelques exemples, de nombreuses recherches conduites à l'ILL ont été déterminantes et récompensées par deux Prix Nobel. C'est le cas des travaux menés par Rudolf Mössbauer en 1961 et plus récemment ceux de Klaus von Klitzing en 1985. En savoir plus

Jean Kuntzmann

Un deuxième homme de science d'importance, Jean Kuntzmann arrive à Grenoble en 1945 comme maître de conférence. Grand mathématicien, pionnier par la création et le développement de domaines de recherche et d'enseignement entièrement nouveaux en calcul numérique et en informatique, il termine sa carrière en didactique des mathématiques et de l'informatique. Fondateur de l'IMAG (Institut de Mathématiques Appliquées de Grenoble), laboratoire mondialement connu, Jean Kuntzmann a aussi oeuvré pour que l'informatique devienne une discipline scientifique à part entière. S'entourant de collaborateurs, et par les habitudes des industriels de travailler avec les universitaires pour résoudre des problèmes de calculs, l'industrie informatique et celle du logiciel prennent leur essor dès les années 1960-70.

Une habitude grenobloise de travail en synergie entre la recherche et l'industrie, des domaines novateurs comme la physique au CNRS, l'électronique au CEA-Leti, le logiciel et l'informatique à l'INP Grenoble et l'IMAG, ... toutes les compétences étaient réunies pour donner lieu au développement d'une industrie dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, illustré par une innovation permanente dans le secteur de la micro-électronique jusqu'à plus récemment le développement de technologies dans le domaine des nanotechnologies.


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