S'informer

S'informer

Actualités des entreprises, tissu économique, territoires de Grenoble-Isère

07 juin 2017

Ambassadeur Alpes Is(h)ere : Sorin Cristoloveanu, (IMEP-LaHC), lauréat du prix Andrew Grove (IEEE)

« Grenoble est le premier centre européen de l’électronique»

 

Sorin Cristoloveanu, directeur de recherche émérite au CNRS dans le laboratoire IMEP-LaHC, vient de décrocher le prix Andrew Grove, l’une des plus prestigieuses distinctions du monde de l’électronique. Une consécration pour ce chercheur d’origine roumaine qui a contribué au développement de la technologie SOI (silicium sur isolant) industrialisée par Soitec, et à la construction du complexe scientifique Minatec. Il a aussi formé au cours de sa carrière une centaine de doctorants qui, disséminés aux quatre coins du globe, sont aujourd’hui les ambassadeurs de l’excellence scientifique du territoire.

 

Que représente le Prix Andrew Grove pour vous ?
Je suis très heureux de ce prix qui m’a valu de nombreux messages de sympathie. Il me fait d’autant plus plaisir que je garde avec moi, depuis près d’un demi-siècle, un manuel de physique d’Andrew Grove en Roumain édité en 1967 — un an avant qu’il fonde la société Intel avec Gordon Moore et Robert Noyce. J’ai eu de la chance : je connais beaucoup de collègues autour de moi qui auraient mérité ce prix.

 

Comment êtes-vous arrivé à Grenoble ?
En 1969, alors que j’étais étudiant en physique à Bucarest, j’ai bénéficié d’une bourse pour venir étudier en France. J’ai passé un master d’électronique à Grenoble INP en 1974, et depuis je ne suis pratiquement plus retourné en Roumanie — où j’ai été condamné à la prison pour avoir épousé une Française sans l’autorisation du gouvernement…  Je suis entré au CNRS en 1977 et j’ai intégré un petit laboratoire qui s’est beaucoup développé depuis : l’IMEP-LaHC, qui rassemblee 170 personnes. J’ai notamment travaillé dès 1976 sur la technologie SOI (silicium sur isolant), industrialisée des années plus tard par Soitec.

 

Comment expliquez le développement de l’électronique à Grenoble ?
Vers la fin des années 60, Grenoble ne représentait pas grand-chose dans le monde de l’électronique : tout se passait à Paris et à Toulouse. Aujourd’hui, Grenoble est le premier centre européen de l’électronique. Cette réussite est due à la qualité des chercheurs mais aussi à l’action de quelques visionnaires qui ont su créer les conditions nécessaires pour attirer les talents : Louis Néel, Jean Therme, Geneviève Fioraso,  Yves Brunet, Guy Aubert… J’ai vécu, tout au long de mon parcours, le développement de cet écosystème : en 1998, j’ai ainsi été chargé de créer un petit laboratoire au sein du CEA, afin de favoriser les échanges entre le monde académique et la recherche publique. C’est comme cela qu’est né le campus scientifique Minatec, regardé aujourd’hui comme un exemple dans le monde entier.

 

Comment jouez-vous votre rôle d’ambassadeurs Alpes Is(h)re ?
Comme tous les chercheurs, je voyage, j’échange avec mes confrères et contribue ainsi à promouvoir le remarquable travail de recherche effectué à Grenoble — dans l’électronique, mais aussi dans le logiciel, la chimie et la biologie. J’ai aussi organisé une trentaine de congrès en France, aux États-Unis et en Corée — et notamment le congrès européen de microélectronique qui a attiré 1 000 participants à Grenoble en 2005. Les étudiants français ou étrangers que nous accueillons deviennent eux aussi des ambassadeurs du territoire. J’ai ainsi formé au cours de ma carrière une centaine de doctorants, dont certains occupent aujourd’hui des postes importants dans leur pays. Je regrette cependant que beaucoup d’entre eux finissent par quitter la France faute d’y trouver des conditions de travail suffisamment intéressantes.

 

Sorin Cristoloveanu
Directeur de recherche CNRS émérite au laboratoire IMEP-LaHC,

1967 : arrivée à Grenoble
1974 : Master de physique à Grenoble INP
1976 : Thèse
1977 : entre au CNRS
1981 : thèse d’Etat
1998 : création du Centre de projet en microélectronique avancée (CPMA)
2017 : Prix Andrew Grove

 

A propos des Ambassadeurs Alpes Is(h)ere, la communauté de ceux qui font rayonner l'Isère

Afin de maintenir le dynamisme économique du Département de l’Isère, et dans un contexte de concurrence internationale entre les territoires, l’AEPI fédère une communauté des Ambassadeurs Alpes Is(h)ere. Entrepreneur, ingénieur, chercheur, étudiant, artiste ou sportif, chacun est à son niveau un ambassadeur. En partageant votre attachement à l’Isère, vous pouvez être amené à promouvoir les atouts de l’Isère au sein de votre réseau et dans le cadre de votre activité professionnelle.
L'AEPI est à vos côtés pour vous aider à promouvoir les atouts et les valeurs du territoire en toutes circonstances, en France et à l'étranger.
Pour en savoir plus : l'espace Ambassadeurs (http://www.grenoble-isere.com/ambassadeurs/), le groupe LinkedIN ou un contact : ambassadeurs@grenoble-isere.com