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N° 34 - octobre 2004
 
Au sommaire de ce numéro :

Interview : Patrick Bonnefond, Directeur Général de Sofileta : Bientôt des puces au cœur des textiles et papiers
Brèves : Deux nouveaux éditeurs d’EDA en Isère
Faits marquants : L’Isère, incontournable pour les équipementiers de la microélectronique
Dossier : L’industrie du sport sur la bonne pente
Bloc - notes

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Interview :
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Patrick Bonnefond, Directeur Général de Sofileta
Bientôt des puces au cœur des textiles et papiers

Rien ne prédisposait les laboratoires de pointe du CEA à Grenoble et des PME du textile ou de la papeterie, des activités implantées historiquement au nord du département de l’Isère, à se rencontrer. La plate-forme expérimentale Metis, lancée à l’initiative du Conseil général, de l’AEPI et de la ville de Bourgoin-Jallieu, parie sur ce rapprochement audacieux pour favoriser la diffusion des micro et nanotechnologies au coeur de ces industries traditionnelles.

En tant qu’industriel du textile, qu’attendez-vous du projet Metis ?

Nous employons 286 salariés en Isère : 50 % de notre chiffre d’affaires, de 75 millions d’euros, sont réalisés à l’export avec des produits aussi variés que la mode ou les textiles techniques…

Le seul moyen pour nous de rester compétitifs face à la concurrence des pays à bas coûts de main-d’oeuvre, c’est l’innovation permanente, un critère essentiel pour trouver de nouveaux relais de croissance. Or une PME de notre taille n’a pas les moyens de financer des contrats de recherche à long terme. Pour nous, travailler avec de grands labos comme le CEA paraissait inaccessible. En nous regroupant avec quatre autres entreprises du textile (Piolat, SIEGL et Filaxetor) et du papier (Arjowiggins), et avec le soutien financier des collectivités locales, nous pouvons initier ce travail en réseau. C’est un fabuleux réservoir d’idées nouvelles qui s’ouvre à nous. Notre objectif est d’arriver d’ici à deux ans à des prototypes commercialisables.

Par exemple ?

On peut imaginer des capteurs intégrés dans le textile qui permettraient de réguler le stress ou la transpiration, ou encore d’utiliser le tissu comme un support pour de l’électronique embarquée. Ainsi instrumenté, le textile autoriserait le suivi de personnes dépendantes à domicile, ou encore celui des colis, et la lutte contre la contrefaçon… Toutes les pistes sont ouvertes. Pour l’instant, un ingénieur détaché du CEA et un chercheur recruté par la plate-forme Metis constituent l’indispensable courroie entre tous les acteurs pour explorer les possibilités entre tous les partenaires. Nous sommes convenus de faire un bilan au bout d’un an et si nos espérances se confirment, une nouvelle phase de deux ans sera engagée.

Breves :
Faits marquants :
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Deux nouveaux éditeurs d’EDA en Isère

Le risque de dysfonctionnement augmentant à mesure que les puces se miniaturisent, la vérification fonctionnelle avant production devient cruciale pour éviter des coûts importants. La jeune société EdXact, créée par trois anciens ingénieurs de Cadence, se lance sur ce marché de niche avec un logiciel de CAO spécifique qui permet de réduire fortement le temps consacré à cette étape. La présence de deux gros clients, Atmel et STMicroelectronics, mais aussi l’environnement technologique, ont motivé son installation en Isère sur le site de Voreppe. C’est également sur ce créneau de l’Electronic Design Automation (EDA) que se positionne CWS (Coupling Wave Solutions). Ce jeune éditeur s’intéresse à l’analyse de l’intégrité des signaux analogiques des circuits intégrés — une cause majeure de leurs dysfonctionnements. Partenaire de STMicroelectronics, la société (5 personnes au démarrage et 20 prévues d’ici à la fin de l’année 2005) a elle aussi choisi l’Isère, qui dispose d’un vivier d’ingénieurs spécialisés dans ce domaine très pointu.
 
 


L’Isère, incontournable pour les équipementiers de la microélectronique

L’américain Photronics, l’un des premiers fabricants de photomasques pour la fabrication des semi-conducteurs (1 500 salariés dans le monde pour 349 millions de dollars de CA en 2003), est arrivé à Crolles début 2004, dans la “silicon valley” iséroise, où il démarre avec une quinzaine de personnes… « Nous sommes surtout à quelques mètres de l’usine commune à l’Alliance STMicroelectronics, Philips et Freescale (ex-Motorola), la plus importante d’Europe », explique Dominique Varloud, directeur des ventes Europe. Ce site pourrait devenir prochainement le troisième centre de R&D mondial.

Photronics n’a rien d’un cas isolé. L’Isère, qui concentre déjà une bonne cinquantaine d’équipementiers internationaux sur son territoire, est devenue incontournable pour les entreprises du secteur. Parmi les derniers arrivants, citons le Japonais Jem Europe, numéro deux mondial des cartes à pointe utilisées pour le test des puces (850 salariés pour 90 millions d’euros de CA), qui a délocalisé son site écossais dans la région. Ou encore Axcelis, leader mondial de l’implantation ionique. Outre la proximité de gros clients, ces fournisseurs sont également attirés par la présence de nombreux laboratoires de recherche technologiques et de grandes écoles. Pour cette raison, UP-SGI, filiale du Français SGI, vient d’ouvrir dans l’agglomération grenobloise son troisième centre français de production de recyclage et de reconditionnement d’équipements.

Des salles blanches tout équipées en location à Minatec

Unique en Europe, le pôle d’innovation Minatec, lancé par le CEA et l’INP Grenoble avec le fort soutien des collectivités territoriales, regroupera sur un même site 4 000 experts des nanotechnologies, avec des laboratoires de pointe du CEA et du CNRS, deux écoles d’ingénieurs réputées, des industriels…

Le chantier — 45 000 mètres carrés de bâtiments à construire d’ici à la fin de l’année — vient de démarrer pour une livraison début 2006. Au cœur de ce pôle d’innovation, le bâtiment de haute technologie (BHT) permettra à des start-up de tester et produire en avant-première les innovations issues des laboratoires dans des locaux et des salles blanches tout équipés. La S.E.M Minatec Entreprises, constituée par les différents partenaires du projet, assure la commercialisation : la moitié des 10 000 m2 est déjà réservée. http://www.minatec.com

 
Minatec Entreprises
Dossier :
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L’industrie du sport sur la bonne pentes

Poma, Rossignol, Petzl, Béal…
Ces entreprises, chacune dans leur spécialité, hissent les couleurs de l’Isère sur les toits du monde. Véritable paradis pour les fondus de glisse et de grimpe, berceau du ski alpin avec une quarantaine de stations, le département olympique n’est pas seulement la troisième destination française pour les sports d’hiver. C’est aussi une terre d’élection pour l’industrie des équipements de montagne et de plein air, une entreprise sur dix produirait des biens et services directement liés au tourisme ou aux loisirs de montagne.

Poma rentre en ville

« Tous nos concurrents sont situés dans l’arc alpin. Et c’est ici à côté de Grenoble que se concentre notre savoir-faire technologique », explique Pierre Gauthier, Directeur Général de Pomagalski (189,4 millions d’euros de CA en 2003). Près de 70 ans après l’installation de son premier téléski à base de bois et de tôle à l’Alpe d’Huez, le constructeur de remonte-pentes mécaniques, fort de 7 600 réalisations dans le monde entier, poursuit depuis l’Isère sa conquête des cimes. Adossée depuis 2000 à l’Autrichien Seeber, elle reste bien ancrée au pied du massif de Chartreuse qui l’a vu naître : près de la moitié de ses 765 salariés, à 50 % des ingénieurs, sont basés à son siège social de Voreppe. Toujours très active sur son métier originel des sports d’hiver — Poma a réalisé l’an dernier le plus grand téléphérique du monde le “Vanoise express” —, l’entreprise a su trouver de nouveaux tremplins dans le transport urbain par câble. Parmi ses dernières références sur ce secteur : une télécabine reliant les hauteurs de la ville de Medellin à la station de métro en Colombie ou encore, deux funiculaires en cours de construction dans un parc d’attraction de Shenzen en Chine.

Rossignol surfe sur toutes les glisses

Tout à côté de là, la petite ville de Voiron a vu naître le numéro un mondial des sports d’hiver, Rossignol (478,6 millions d’euros de CA en 2003/2004, 2 948 salariés), dont elle abrite toujours le siège social et une usine de production. Artisan menuisier, Abel Rossignol confectionna ici sa première paire de ski en bois en 1906 avant de donner son nom à l’entreprise. Présent en Amérique du Nord et en Europe mais aussi au Japon, en Corée et depuis peu en Chine, le groupe truste à lui seul un quart du marché mondial des produits de sports d’hiver à travers sa panoplie de marques (Rossignol, Dynastar, mais aussi Lange pour les chaussures et les snowboards, Look pour les fixations, Hammer, Dynastar…).

Béal tient la corde

D’autres entreprises se sont développées depuis longtemps sur des créneaux plus étroits : située dans l’ancienne ville gallo-romaine de Vienne, au nord-ouest du département, Béal (60 salariés pour 10 millions d’euros de CA) depuis la fin des années 80 est la référence incontournable pour les alpinistes du monde entier. Toujours en avance d’une cordée sur les nouvelles pratiques, l’entreprise familiale fondée en 1950 par Pierre Béal aligne chaque année huit millions de mètres de cordes segmentées en autant de terrains (cascade de glace, grande voie, mur artificiel…) et autant de niveaux de pratiques. « Pour nous, le seul moyen de rester accrochés, c’est l’innovation », assure le responsable de l’entreprise, qui consacre en moyenne 10 % des revenus de ses ventes à la R&D, s’adjoignant les compétences de différents laboratoires universitaires de l’agglomération grenobloise.

Petzl, la réinvention permanente

Même credo chez Petzl. Installée dans la vallée du Grésivaudan au coeur de la “silicon valley iséroise”, cette PME prospère (70 millions d’euros de CA, 300 salariés) dispose d’un laboratoire de pointe, multipliant les lancements de produits nouveaux pour tenir un rythme de croissance de 15 à 20 % par an. Spéléologue chevronné, son fondateur Fernand Petzl est à l’origine de deux inventions majeures pour cette discipline : après avoir mis au point le premier descendeur spéléo dans les années cinquante, il conçut la lampe frontale qui laisse les mains libres : deux produits en réinvention permanente qui font toujours la notoriété de la société. Avec l’évolution des loisirs de plein air, d’autres PMI innovantes marchent sur les traces de ces aînées à l’instar de Fastnet ou de Lisker, dont les lignes de vêtements techniques résistant aux éléments les plus extrêmes collent aux besoins des adèptes des sports de plein air. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard, si de grandes marques internationales de l’outdoor comme le groupe Lowe Alpine-Asolo (sacs à dos, vêtements de montagne) ont implanté ici leur filiale commerciale française. Terre d’innovation, l’Isère avec ses reliefs et ses champs de neige est aussi un fabuleux terrain d’expérimentation pour tous les produits du futur.

 
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MC2, un complexe culturel à la hauteur des ambitions internationales de l’Isère

L’Isère n’est pas seulement sportive, elle brille par un foisonnement artistique et une programmation culturelle riche et variée avec la réouverture de la maison de la culture de Grenoble. Au total, 42,6 millions ont été investis pour transformer l’ancien équipement inauguré en 1968 par André Malraux en “MC2”, un complexe culturel de 20 000 m2 comprenant un auditorium de mille places, une grande salle de théâtre, une autre plus intimiste, une salle de création, deux studios de danse, un studio d’enregistrement…

 
  Théâtre, musique et danse constituent les trois piliers du “menu” culturel de Michel Orier et des trois équipes de création célèbres qui travaillent en son sein — le chorégraphe Jean-Claude Gallotta, le metteur en scène Laurent Pelly et le chef d’orchestre Marc Minkowski.

Pour cette saison inaugurale, pas moins de 247 représentations permettront de découvrir les plus grands artistes du moment, de la diva Cécilia Bartoli au chorégraphe Philippe Decouflé en passant par Georges Lavaudant, Peter Brook, Franck Castorf, Emmanuel Krivine… pour n’en citer que quelques-uns.

A seulement une heure de Lyon et deux de Genève, la capitale des Alpes se dote donc d’une scène à la hauteur de ses ambitions et dont le rayonnement dépassera de loin les frontières de l’Isère. L’ambition est d’atteindre rapidement les 100 000 spectateurs annuels.

Le triomphe des mélomanes

Les amateurs de musique classique et d’opéra déploraient à Grenoble l’absence d’une salle de concert digne d’accueillir les grandes formations orchestrales… Le nouvel auditorium de la MC2 (mille places) de Grenoble, sobrement habillé, comble leurs voeux. Marc Minkowski, artiste associé de la MC2, l’a inauguré le 22 septembre dernier. « L’acoustique est exceptionnelle » confirme le chef d’orchestre. Dès cette nouvelle saison, le célèbre chef baroque et son orchestre des Musiciens du Louvre feront vibrer les lieux avec pas moins de huit soirées, opéra et grands concerts programmés.
 
Contact : s.deleiris@grenoble-isere.com