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L’industrie du sport sur la bonne pentes
Poma, Rossignol, Petzl, Béal…
Ces entreprises, chacune dans leur spécialité, hissent les couleurs de l’Isère sur les toits du monde. Véritable paradis pour les fondus de glisse et de grimpe, berceau du ski alpin avec une quarantaine de stations, le département olympique n’est pas seulement la troisième destination française pour les sports d’hiver. C’est aussi une terre d’élection pour l’industrie des équipements de montagne et de plein air, une entreprise sur dix produirait des biens et services directement liés au tourisme ou aux loisirs de montagne.
Poma rentre en ville
« Tous nos concurrents sont situés dans l’arc alpin. Et c’est ici à côté de Grenoble que se concentre notre savoir-faire technologique », explique Pierre Gauthier, Directeur Général de Pomagalski (189,4 millions d’euros de CA en 2003). Près de 70 ans après l’installation de son premier téléski à base de bois et de tôle à l’Alpe d’Huez, le constructeur de remonte-pentes mécaniques, fort de 7 600 réalisations dans le monde entier, poursuit depuis l’Isère sa conquête des cimes. Adossée depuis 2000 à l’Autrichien Seeber, elle reste bien ancrée au pied du massif de Chartreuse qui l’a vu naître : près de la moitié de ses 765 salariés, à 50 % des ingénieurs, sont basés à son siège social de Voreppe. Toujours très active sur son métier originel des sports d’hiver — Poma a réalisé l’an dernier le plus grand téléphérique du monde le “Vanoise express” —, l’entreprise a su trouver de nouveaux tremplins dans le transport urbain par câble. Parmi ses dernières références sur ce secteur : une télécabine reliant les hauteurs de la ville de Medellin à la station de métro en Colombie ou encore, deux funiculaires en cours de construction dans un parc d’attraction de Shenzen en Chine.
Rossignol surfe sur toutes les glisses
Tout à côté de là, la petite ville de Voiron a vu naître le numéro un mondial des sports d’hiver, Rossignol (478,6 millions d’euros de CA en 2003/2004, 2 948 salariés), dont elle abrite toujours le siège social et une usine de production. Artisan menuisier, Abel Rossignol confectionna ici sa première paire de ski en bois en 1906 avant de donner son nom à l’entreprise. Présent en Amérique du Nord et en Europe mais aussi au Japon, en Corée et depuis peu en Chine, le groupe truste à lui seul un quart du marché mondial des produits de sports d’hiver à travers sa panoplie de marques (Rossignol, Dynastar, mais aussi Lange pour les chaussures et les snowboards, Look pour les fixations, Hammer, Dynastar…).
Béal tient la corde
D’autres entreprises se sont développées depuis longtemps sur des créneaux plus étroits : située dans l’ancienne ville gallo-romaine de Vienne, au nord-ouest du département, Béal (60 salariés pour 10 millions d’euros de CA) depuis la fin des années 80 est la référence incontournable pour les alpinistes du monde entier. Toujours en avance d’une cordée sur les nouvelles pratiques, l’entreprise familiale fondée en 1950 par Pierre Béal aligne chaque année huit millions de mètres de cordes segmentées en autant de terrains (cascade de glace, grande voie, mur artificiel…) et autant de niveaux de pratiques. « Pour nous, le seul moyen de rester accrochés, c’est l’innovation », assure le responsable de l’entreprise, qui consacre en moyenne 10 % des revenus de ses ventes à la R&D, s’adjoignant les compétences de différents laboratoires universitaires de l’agglomération grenobloise.
Petzl, la réinvention permanente
Même credo chez Petzl. Installée dans la vallée du Grésivaudan au coeur de la “silicon valley iséroise”, cette PME prospère (70 millions d’euros de CA, 300 salariés) dispose d’un laboratoire de pointe, multipliant les lancements de produits nouveaux pour tenir un rythme de croissance de 15 à 20 % par an. Spéléologue chevronné, son fondateur Fernand Petzl est à l’origine de deux inventions majeures pour cette discipline : après avoir mis au point le premier descendeur spéléo dans les années cinquante, il conçut la lampe frontale qui laisse les mains libres : deux produits en réinvention permanente qui font toujours la notoriété de la société. Avec l’évolution des loisirs de plein air, d’autres PMI innovantes marchent sur les traces de ces aînées à l’instar de Fastnet ou de Lisker, dont les lignes de vêtements techniques résistant aux éléments les plus extrêmes collent aux besoins des adèptes des sports de plein air. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard, si de grandes marques internationales de l’outdoor comme le groupe Lowe Alpine-Asolo (sacs à dos, vêtements de montagne) ont implanté ici leur filiale commerciale française. Terre d’innovation, l’Isère avec ses reliefs et ses champs de neige est aussi un fabuleux terrain d’expérimentation pour tous les produits du futur.
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