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Grenoble Isère Report - Hiver 2002


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Dans ce numéro:
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Point de vue
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Xerox renforce son site de Meylan

Le numéro un mondial des technologies document a choisi de concentrer sa matière grise en Isère.
Jusqu'à présent, le Xerox Research Centre Europe (XRCE) regroupait son site de Meylan (140 personnes) et une entité à Cambridge (25 personnes), en Grande Bretagne.
Le groupe américain a décidé de fermer ce dernier laboratoire spécialisé dans l'étude des processus de travail pour transférer l'ensemble de ses activités de recherche en Isère.
Depuis son ouverture en 1993 dans un château du XIXe siècle entouré de son parc, le centre de recherche dirigé par Monica Beltrametti a déjà fait la preuve de sa capacité d'innovation : ses travaux ont en effet généré la création de plusieurs unités commerciales pour valoriser ses produits, comme les outils linguistiques ou de recherche sur Internet.
Des ingénieurs informaticiens ou des mathématiciens, mais aussi des sociologues, des anthropologues ou des spécialistes des sciences cognitives d'une quinzaine de nationalités différentes se côtoient désormais au sein de projets communs pour extrapoler, à partir des comportements observés, les solutions ad hoc de traitement du document sous toutes ses formes. Ainsi, Graham Button, ex-directeur du laboratoire de Cambridge qui rejoint aujourd'hui le XRCE comme directeur de la recherche, est un professeur de sociologie de l'université
de Plymouth.De nouvelles compétences en transferts de technologies devraient également très prochainement venir en renfort à Meylan pour mieux récolter les fruits de la recherche.
A cette fin, une nouvelle entité spécialisée dans la propriété intellectuelle et une unité de “business development ” viennent d'être constituées. “Nous allons gagner en efficacité ”, promet la vice-présidente
du XRCE, Monica Beltrametti.

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Focus:

Le Sun lab cherche à vous joindre…
Comment faire connaître à son correspondant le moyen de
communication (orale ou écrite) le plus adéquat (pour lui et pour vous) selon que l'on se trouve au bureau, en réunion, chez un client … ??

Voici l'une des équations que tente de résoudre le Sun Lab, à Montbonnot.
Célèbre pour avoir inventé dans son laboratoire californien le langage informatique Java, qui a révolutionné le Web, ce centre de recherche de Sun Microsystems, présent également près de Boston, a décidé pour la première fois il y a deux ans de créer une antenne décentralisée en Europe, dans la région grenobloise, où s'est déjà épanoui un groupe de 200 ingénieurs -l'International Center for Network Computing (ICNC).
Partie de deux chercheurs américains expatriés, l'équipe compte désormais onze permanents, trois doctorants et cinq stagiaires, qui planchent plus particulièrement sur les problèmes de réseaux à haut débit, IPV6 (mobilité et sécurité) et l'emploi des technologies pour le travail collaboratif.

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Faits marquants :

Deux papetiers isérois se rapprochent
Le premier, Papeteries de Lancey, fait la couverture de bien des magazines et catalogues, de “Elle ” à “La Redoute ”. Le second, le groupe Matussière &Forest, fournit les pages intérieures de ces mêmes journaux..


Mon tout, si le projet de rapprochement entre ces deux pionniers de la papeterie iséroise est agréé par la Commission des opérations de Bourse (Cob), va former l'un des tout premiers fournisseurs français et européens de papier pour l'impression et l'écriture (400 millions d'euros de chiffre d'affaires dont 100 millions pour les Papeteries de Lancey, sept usines au total en France dont quatre en région grenobloise).
“Nous nous rapprochons ainsi de la taille critique face aux géants scandinaves du métier ”, explique Michel Soriano, directeur général de Matussière &Forest.Le groupe coté en Bourse et qui travaille en majeure partie à partir de fibres recyclées exporte aujourd'hui la moitié de sa production. 20 % de celle de son partenaire de Lancey est vendue hors des frontières.
La cohérence de leur offre commune devrait encore élargir leur horizon
auprès des grands imprimeurs et éditeurs européens.


Axane réussit sa mission

Mission réussie : Jean-Louis Etienne, de retour de sa mission d'exploration de la banquise du Pôle Nord, a pu faire fonctionner sans encombre tous ses équipements du Polar Observer, grâce à l'énergie produite par sa pile à combustible (PAC) : le système,
alimenté en hydrogène, totalement autonome et non polluant, a délivré une puissance de 150 à 300 watts en continu pendant plus de mille heures.
Pour son fournisseur, Axane, à Sassenage, jeune filiale d'Air Liquide créée en mai 2001, cette expédition a constitué une belle opportunité :celle de pouvoir tester ainsi en conditions extrêmes sa propre technologie.
Tout en bénéficiant d'un bon support médiatique !“L'opération a bien marché sur tous les plans ”, se félicite Patrick Sanglan, responsable de la société Axane.
Le point fort de cette nouvelle PAC ? Un maintien très simple de la membrane, remplacée en dix minutes en cas d'avarie. Forte de ce succès, la filiale d'Air Liquide, qui bénéficie de la longue expertise du site de Sassenage dans le domaine de l'hydrogène, est repartie sur un nouveau programme de développement avec deux cibles privilégiées :des petits générateurs portables pour le grand public (qui feront office de groupe électrogène) et des applications dans les transports publics.


BREVES :

Le Japonais Hamamatsu Photonics, l'un des leaders mondiaux de la fabrication de capteurs de lumière pour le contrôle de qualité et la métrologie, ouvre une antenne à Meylan. Le groupe emploie déjà 35 collaborateurs en France en région parisienne sur 2 500 dans le monde.
En venant dans la région, il se rapproche de deux laboratoires avec lesquels il collabore de longue date : le Léti-CEA à Grenoble et l'EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) en Suisse.

Devoteam Siticom, groupe spécialisé dans le conseil en infrastructure télécoms et en e-business et présent dans huit pays européens, s'implante à Echirolles. Outre son expertise habituelle, cette équipe (dix personnes au démarrage) développera des applications de paiement électronique.

Couleur Communication Ecriture (CCE) délocalise son siège parisien et sa recherche à Grenoble. Cette société de six personnes créée en 1995 a développé au départ une technologie de traitement colorimétrique des images qui assure toujours 60 %de son CA actuel -soit 1 million d'euros en 2002. Elle s'est ensuite diversifiée dans la formation à distance pour les enfants hospitalisés.Depuis deux ans, elle collabore avec un laboratoire de l'Université Joseph Fourier à Grenoble, sur un projet de formation à la robotique industrielle qui doit aboutir début 2003 à la création d'une start-up.


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Dossier :

Le SOI :un matériau dont l'avenir passe par l'Isère

Demain, les puces seront massivement réalisées non plus sur des plaquettes de silicium massif, mais sur des plaquettes de SOI ou silicium sur isolant. C'est déjà le cas pour 4 à 5% des circuits intégrés fabriqués dans le monde. Histoire d'un matériau phare, dont le développement s'est fait en grande partie en région grenobloise.

“Le SOI va peu à peu se substituer au silicium comme matériau de base de la micro-électronique.Un mouvement irréversible ”, assure Jean-Michel Lamure.
Sûr de ses convictions, le cofondateur de Soitec, qui revendique déjà 80% du marché mondial du matériau SOI, vient d'inaugurer à Bernin sa deuxième unité de production, portant à plus de deux millions de plaques par an sa capacité de production. Située juste en face du nouveau site de ses voisins et clients STMicroelectronics, Philips et Motorola, c'est aussi l'une des usines les plus performantes dédiée à des tranches de 300 mm de diamètre -le format qui commence à être utilisé par les majors de cette industrie pour les composants les plus avancés. Un investissement de 85 millions d'euros pour la seule année 2002, qui va donner à Soitec les moyens de suivre la montée en puissance des besoins :en mars prochain, 400 personnes devraient travailler pour la société contre 335 aujourd'hui.
En dix ans, la jeune pousse créée par d'anciens chercheurs du laboratoire d'électronique de technologie et d'instrumentation (Léti) du CEA, à Grenoble, a drôlement grandi.
Son pari ? Réussir à faire du SOI un matériau standard pour les composants de masse, animant les téléphones, consoles de jeux, capteurs de puissance pour l'automobile et tous les objets portables.
Pour cela, un long bout de chemin a été parcouru ! Il faut attendre le début des années 80 pour voir les premières applications industrielles, dans le militaire et le spatial. Premier avantage des circuits sur SOI :ils fonctionnent sans faillir dans les conditions les plus critiques, y compris sous bombardements ioniques ou dans des températures extrêmes. Ceci, grâce à cette couche de matériau monocristallin isolant qui préserve des perturbations le transistor (de plus en plus fin et donc de plus en plus sensible) …
Mais à cette robustesse s'ajoutent d'autres qualités quideviendront de plus en plus précieuses avec l'évolution de la micro-électronique.
A consommation égale, les puces SOI fournissent une puissance décuplée par deux :Philips a été le premier à les utiliser dans un amplificateur audio.
Peu énergétiques, elles produisent moins de calories et nécessitent moins d'être refroidies, ce qui est très appréciable notamment dans les gros serveurs informatiques, mais aussi pour les fabricants de téléphones portables, qui gagnent en autonomie !
D'où le succès croissant du SOI.
Encore fallait-il croire et investir sur ce matériau, ce qui n'avait rien d'évident il y a une vingtaine d'années.“Le laboratoire du Léti à Grenoble a été visionnaire.
Il a mis le paquet sur la R&D dans ce domaine et obtenu rapidement des résultats publiés au niveau mondial, quand tous les centres de recherche s'intéressaient plutôt au transistor lui-même ”, rappelle Michel Bruel, chercheur au CEA à l'origine de l'aventure.
La difficulté ensuite a consisté à produire de façon industrielle et à moindre coût un monocristal sans défaut. C'est là qu'interviennent les fondateurs de Soitec.
A sa création en 1992, la jeune start-up met en œuvre sur la ligne pilote du Léti un procédé d'implantation ionique, le Simox, encore utilisé par ses concurrents.

Quatre ans plus tard, forte de la licence exclusive d'un brevet du Léti déposé par Michel Bruel, la PME iséroise lance une nouvelle technologie de fabrication, le Smart-Cut. Le Japonais SEH l'aide à financer sa première usine.Aujourd'hui, ce procédé est en passe de s'imposer comme un standard du marché :SEH vient de lancer sous licence d'exploitation
sa propre source de production au Japon.
“Nous sommes en pourparlers avec d'autres licenciés potentiels dans le monde, ce qui permettra de diversifier les possibilités d'approvisionnement pour nos clients ”, dévoile Jean-Michel Lamure.

D'autres développements attendus

La miniaturisation des circuits et le boom des nanotechnologies font aussi le lit du SOI. Cette technologie se révèle en effet idéale pour obtenir les couches très fines, requises par les circuits de nouvelle génération … En marge de sa nouvelle unité, Soitec vient de construire à Bernin un laboratoire commun de 600 m2 avec le Léti, son partenaire depuis toujours, qui planchera sur ces nouvelles applications.

Soisic se penche sur la conception des circuits SOI.
L'un des problèmes actuels du SOI réside dans le design des circuits.
Soisic, une start-up créée en avril 2001 par deux chercheurs du CEA Grenoble, est la première à commercialiser des outils automatisés, dédiés à ceux qui conçoivent des puces avec cette nouvelle technologie, et qui sont compatibles avec les logiciels de CAO existants. Forte d'une première levée de fonds de 4 millions d'euros, la jeune société grenobloise
emploie déjà 25 salariés, dont 12 dans son antenne parisienne. Elle lance aujourd'hui son premier produit.

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Bloc-Notes:
 

De l'eau au musée
Pont-en-Royans est déjà connue pour ses maisons suspendues au-dessus de la Bourne. La commune du Vercors se dote d'un nouvel attrait touristique avec son Musée de l'Eau.
Ouvert en juillet dernier, dans une ancienne usine d'appareillage électrique bordé par la rivière, le site superbement aménagé par l'architecte italien Andrea Bruno invite les visiteurs petits et grands à découvrir l'élément liquide sous toutes ses formes.
Une fois franchi le gros scaphandre de l'entrée, ces derniers pourront marcher sur l'eau via une passerelle transparente avant de plonger dans l'exposition.
Fluide et rafraîchissante, la scénographie signée par Jean-Noël Duru les abreuvera de sensations et de connaissances, des zones tempérées aux climats polaire et tropical. La commune de Pont-en-Royans, instigatrice de cet ambitieux projet de 5 millions d'euros, espère attirer 40 000 personnes par an dans son musée -qui intègre aussi un hôtel-restaurant au bord de l'eau et sa salle de séminaire..


Saint-Exupéry prend son envol
L'aéroport rhônalpin entend s'imposer comme la deuxième plate-forme française.Misant sur une forte progression du nombre de passagers, la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon lance un programme d'investissement de 376 millions d'euros qui va multiplier par deux sa capacité d'accueil du terminal des vols nationaux d'ici à 2006. L'ambition est d'accueillir 8millions de passagers à cet horizon et 18 millions en 2010, contre 6 millions


Gastronomie

Le restaurant Les Terrasses, au Grand Hôtel d'Uriage-les-Bains, vient de rentrer dans le cercle fermé des quelque 70 restaurants français arborant deux étoiles au Guide Michelin.

Le fameux guide gastronomique, qui lui avait attribué sa première étoile voilà seulement deux ans, consacre ainsi dix années de travail accomplies par son chef Philippe Buissou et Stéphane Cano, directeur de l'établissement. Dans les assiettes, pas de spécialités maison mais un festival de saveurs, de textures et de couleurs qui artistiquement associées, mettent tous les sens mais aussi l'esprit en éveil …
Initié au sucré dans la pâtisserie paternelle, Philippe Buissou officie aux fourneaux avec talent, secondé par une équipe d'une douzaine de personnes.Le raffinement de l'accueil complète le plaisir.“Ici, on n'a jamais fait la course aux étoiles.
Notre recette, c'est de toujours nous remettre en question ”, assurent les deux associés avec modestie. Avec un double macaron au Michelin, une nouvelle clientèle venue de l'extérieur fait désormais escale aux Terrasses.Depuis trente ans, aucune autre table de la région grenobloise n'avait obtenu cette double distinction !

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Contact :


Sophie de Leiris : s.deleiris@grenoble-isere.com


 



Crédit Photos : Xerox, Musée de l'eau, Philippe Dulac, D.R